Dans une note extraite du chapitre 3 de Réformes économiques : Objectif croissance 2009, daté du 3 mars
2009, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques fait le point sur certaines mesures prises par le gouvernement polonais tout en proposant un certain nombre
recommandations.
Selon l'OCDE, il convient dans un premier temps de supprimer les obstacles à
l’entrepreneuriat. En effet « les formalités administratives pour la création d’entreprise et les coûts de conformité des entreprises existantes sont élevées au regard des autres pays de
l’OCDE, ce qui décourage les entrées et nuit à l’efficacité » indique l’Organisation. Elle recommande donc d ‘accélérer les privatisations, d’ouvrir un guichet unique pour les créations
d’entreprises ou encore de rationaliser le régime de licences et d’autorisations. Un autre point sur lequel l’accent doit être mis concerne la réforme du système d’impôts et de transferts.
Puisque « les incitations à travailler sont médiocres et le taux d’activité est sensiblement inférieur à la moyenne OCDE en raison du niveau élevé des coins fiscaux et des programmes de
retraite anticipée », il faut entre autre poursuivre la réduction de ce coin fiscal pour les travailleurs à bas revenus. Par ailleurs, l’OCDE entend améliorer l’efficacité de l’enseignement
car celui-ci affiche un taux d’éducation pré-scolaire très bas et une forte disparité régionale. Il faut donc « améliorer encore la couverture de l’éducation pré-scolaire gratuite des
enfants de 3 à 5 ans, en particulier dans les régions défavorisées et rurales ».
Bien sûr les infrastructures de transport ainsi que la politique du logement constituent
elles-aussi d’autres grandes priorités pour le gouvernment.
Une croissance de +1,2% pour l’année à venir. Telle est l’annonce faite par le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski dans une tribune publiée début septembre
dans l’un des plus grands quotidiens polonais Gazeta Wyborcza. Et c’est sur ce chiffre que le gouvernement Tusk s’est basé pour élaborer son budget 2010. Il s’agit pourtant d’un pronostic qui
manque d’ambition puisque « bon nombre d’analystes ont relevé leurs prévisions pour la Pologne bien au-delà de la barre de 1% » a ainsi déclaré le Ministre. Mais celui-ci indique qu’il
préfère rester prudent. « Nous nous basons prudemment sur une croissance de 1,2% » a-t-il ainsi déclaré.
La Polognequi est le seul pays de l’Union Européenne à avoir bénéficié d’un taux de croissance positif cette année reste donc en
bonne santé. Ainsi, elle a enregistré une hausse annuelle de son PIB plus importante que prévu au second trimestre à 1,1%. Il s’agit certes de faibles performances au regard de ce qu’étaient les
taux de croissance polonais au début des années 2000 (de 3,7% en 2004 à 6,5% en 2007). Mais il faut remettre ces chiffres dans le contexte de crise internationale pour qu’ils prennent toutes
leurs valeurs.
Les prix continuent d’augmenter en Pologne. En effet, alors qu’en février et en mars les prix à la consommation avaient connu une hausse de respectivement +3,3% et +3,6%, le mois de mars
n’est pas en reste. Ainsi, il enregistre une progression de +3,9% en glissement annuel. C’est le ministère de l’économie qui publie ces chiffres alors que le Bureau National des Statistiques
(GUS) devrait pour sa part annoncer les chiffres de l’inflation pour le mois d’avril à la mi-mai. Rappelons que Varsovie prévoit d’intégrer la zone euro d’ici 2012 mais ces mauvais résultats en
termes d’inflation, qui constitue un des critères de convergence permettant l’adoption de la monnaie unique, ne rendront pas la chose aisée. Si la tendance se poursuit, le taux d’inflation annuel
devrait être en 2009 supérieur à ceux des deux années précédentes. En 2007 et 2008 affichait un taux d’inflation de respectivement 2,5% et 4,2%.
Inquiète pour l’accès au crédit de ses établissements bancaires, la Banque Centrale Polonaise (NBP) est allée chercher des garanties du côté
de Frankfort. La Banque Centrale Européenne vient en effet de permettre à sa petite soeur orientale d’effectuer des emprunts pour un montant pouvant aller jusqu’à 10 milliards d’euros. Conclu le
6 novembre dernier, cet accord permettra à la NBP d’accéder à des fonds de la BCE et des les utiliser pour des opérations de refinancement des banques commerciales du pays qui rencontrent des
difficultés pour accéder au crédit. En cause, encore et toujours la crise financière.
La hausse des prix à la consommation ralentit pour le troisième mois consécutif en Pologne. Après avoir été en août et en septembre de respectivement de 4,5% et 4,8%
l’inflation atteint en effet 4,2% en glissement annuel pour octobre selon le ministère des Finances. Sur un mois, les prix ont augmenté de 0,4% par
rapport au mois précédent. Selon des estimations de la Commission européenne, la Pologne devrait avoir un taux d’inflation de 4,3% à la fin 2008 contre 4,5% initialement prévus. En 2007,
l’inflation avait été de 2,5%.
Malgré la bonne santé macroéconomique du pays, la monnaie polonaise dévisse face à l’euro, au dollars et à la livre. En cause, la montée en puissance du billet vert et la crise
hongroise, selon des analystes. Ainsi, hier après midi, le zloty a atteint son plus bas niveau depuis un an et demi à 3,98 pour un euro, 3,10 pour un dollar et 5,04 pour une livre. Mais les
autorités monétaires polonaises se veulent rassurantes, ainsi la Banque centrale de Pologne déclare dans un communiqué que « la baisse soudaine du cours du zloty observée ces derniers jours
à un caractère passager et la bonne condition de l’économie polonaise va favoriser le retour à un cours répondant aux fondamentaux ». Pour un analyste independant, la Pologne souffre
également d’être associée avec la Hongrie actuellement en crise, et ce à tort. « Notre problème consiste dans le fait que les marchés nous associent à la Hongrie et cela joue sur notre
monnaie. Ce qui nous reste à faire c’est de mettre en valeur les différences entre nous et la Hongrie, et de souligner la stabilité en Pologne ».
La Pologne n’est pas abris de la crise. Alors que la plupart des places boursières mondiales ont connu un début de semaine affolant, les répercussions pourraient se faire sentir
jusqu’à Varsovie.
Ainsi, suivant
l’exemple de ses ainés occidentaux, le Wig20, principal indice boursier de la place de Varsovie qui regroupe les vingts plus grandes entreprises nationales, a connu une forte baisse en début de
semaine, baisse qui semble s’atténuer aujourd’hui. Au total, sur les six derners mois, le Wig 20 aura perdu près de 30% de sa valeur, à 2.163, 76 points à 12h00. Mais les répercussions pourront
également venir des polonais de l’étranger. En effet, une étude du centre de Relations Internationales, estime que près de 360.000 polonais risquent de perdre leur travail en Angleterre.Fini l’eldorado donc.Un retour de ces polonais sans emploi est envisageable ce qui se fera
immanquablement sentir sur le marché du travail national.
La Pologne sera-t-elle touchée par la crise financière qui affole les principales places boursières mondiales? L’hypothèse semble plus que
probable pour le quotidien polonais Gazeta Wyborcza qui prévient que Varsovie doit se préparer à affronter la crise avant que celle-ci ne déferle sur le pays. Si la Pologne a pour l’instant été
épargnée, elle pourrait souffrir elle aussi du fait d’une modification de la politique de l’Union Européenne. Ainsi, le journal avance que l’UE qui doit faire face à la plus grave crise depuis sa
création, pourrait prendre des mesures qui seraient « dommageables, voire même néfastes » pour Varsovie. Et Gazeta Wyborcza de citer comme exemple le projet d’une nouvelle directive
autorisant le transfert de capitaux depuis des sociétés d’assurance agissant en Pologne vers leurs maisons mères basées à l’étranger. Or, actuellement, les assureurs polonais sont couverts même
si leurs sociétés mères installées dans un autre pays de l’Union venaient à faire faillite. Autre motif, d’inquiètude, la Pologne est le premier
bénéficiaire des fonds structurels de l’Union.
Les bonnes nouvelles se suivent et se ressemblent du côté de Varsovie.
Cette fois-ci ce sont les chiffres du chômage qui permettent de se convaincre, une fois de plus, de la bonne santé de l’économie polonaise. En effet, le bureau national des Statistiques GUS a
annoncé, mardi, un taux de chômage pour le mois d’août à 9,3% de la population active. Le nombre de sans emplois continue donc de diminuer, après avoir atteint 9,4% en juillet et 9,6% en juin,
pour s’établir fin août à 4,4 millions de personnes. Il s’agit ainsi d’une baisse de 22.000 par rapport au mois précédent. A titre de comparaison le taux de chomage s’établissait a 12% de la
population active à la même période l’an dernier. Voila peut être un indicateur qui incitera la diaspora polonaise à rentrer au
bercail.
Alors que la plupart des économies européennes affichent
des taux de croissance dramatiquement bas et que certains ont même prononcé le mot de récession pour la France, tout semble aller pour le mieux du côté de Varsovie. En effet, avec une croissance
de 5,8% au second semestre 2008, un chiffre supérieur aux attentes du marché, la Pologne affiche outrageusement la bonne santé de son économie.
Le principal moteur de cette
croissance dynamique reste la demande interne, en progression de 6,2%, constituée par la consommation des ménages (5,6%) et par l’investissement des entreprises
(15,2%).
Cependant, même si les analystes se
félicitent de ces bons résultats, ils n’en demeurent pas moins sceptiques quant à la soutenabilité d’une telle croissance. En effet, certains indicateurs tels que la baisse de la demande de
nouveaux permis de construire ou l’augmentation du nombre de compagnies annoncant des reductions d’effectifs, font craindre un ralentissement.
Malgré tout, il n’y pas encore de
quoi s’inquiéter, ainsi pour l’ensemble de l’année 2008, le Ministère des Finances a réevalue à la hausse ses prévisions de croissance à 5,5% contre 5,2-5,3%
intialement.