C’est la fin d’une affaire qui aura opposé Varsovie à la Commission Européenne pendant 4 ans. En jeu, la survie des chantiers navals de Gdynia et Szcecin et la solution qu’a imposé
Bruxelles et la mise en vente de ces chantiers. C’est le versement d’aides publiques par l’Etat aux chantiers en grande difficulté financière qui avait déclenché l’hire de la Commission qui
jugeait une telle mesure anti-concurrentielle. Il était donc demandé à la Pologne de rembourser mais Varsovie ne l’entendait pas de cette oreille. S’en est suivi un véritable marathon fait de
propositions et de contre-propositions. Mais une inconnue demeurre, l’emploi. En effet plusieurs dizaines de milliers d’emplois sont concernés et le plan de Bruxelles n’apporte aucune garantie de
ce côté-la.
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L’hypothèse a été formulée par le Premier ministre polonais, Donald Tusk en personne. Le Président Français également en charge de la présidence l’Union européenne,
pourrait se rendre en Pologne le 6 décembre. Au menu de cette visite d’Etat, dont les modalités restent encore à définir, obtenir du Président polonais, Lech Kaczynski sa signature au bas du
traité européen de Lisbonne. Ratifié par le Parlement polonais en avril dernier, le document attend toujours la signature du dernier des jumeaux encore au pouvoir, eurosceptique convaincu. Autre
évènement au programme, une éventuelle rencontre avec le Prix Nobel de la paix et ancien leader du fameux syndicat Solidarnosc, Lech Walesa.
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Nicolas Sarkozy a reçu hier Donald Tusk, le Premier ministre polonais. Au programme des discussions, la crise financière et la préparation du prochain Conseil
européen.
Varsovie, pour l’instant épargnée par le tsunami financier même si les risques existent, a pris l’engagement de ne pas
manquer « à l’appel » si « une initiative était éventuellement prise par les pays européens ». Autre sujet de discussions entre la Pologne et la France, le fameux
« paquet climatique » contesté par le gouvernement polonais. Son économie étant basée principalement sur le charbon, Varsovie s’insurge contre les efforts demandés par Bruxelles en
matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, au motif que cela menacerait sa croissance. Paris s’est montré inflexible sur cette question, le président francais indiquant son
intention d’aboutir à un accord d’ici la fin de l’année.
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Les chantiers polonais de Gdynia, Gdansk et Szszecin sont en bien mauvaises postures après que le gouvernement polonais ait « perdu la bataille » avec le Commission
européenne, selon les propres termes du ministre polonais du Tresor, Alexander Grad, qui ajoute cependant « mais pas la guerre ». Mardi 30 septembre en effet, la commissaire européenne
à la concurrence, Neelie Kroes, a annoncé qu’elle proposerait à Bruxelles « une decision négative » sur le plan de sauvetage proposé par Varsovie. Il s’agit d’un coup dur pour le
gouvernement polonais qui s’est engagé à sauver ses chantiers et pour la Pologne en générale de par la forte charge émotionnelle prise par ce
dossier. C’est en effet des chantiers de Gdansk, que le mouvement Solidarnosc est parti.
Les réactions ne se sont donc pas faites attendre, puisque le Ministre du Trésor a demandé, le lendemain, à la Commissaire
de créer un groupe d’experts afin d’étudier de nouveau les plans de restructurations qu’elle a déjà rejetée et de faire parvenir « d’ici vendredi, sous forme écrite » ses remarques et
analyses sur les plans proposés.
Manifestation demain a Bruxelles
C’est en effet le 12 septembre que Bruxelles avait reçu les plans de restructuration revisés pour les chantiers de Szszecin
et de Gdansk et Gdynia. La Commission européenne qui avait accepter en juillet d’accorder un délai supplémentaire demandait le remboursement des
aides publiques perçues par les chantiers de Szczecin et Gdynia pour leur éviter la faillite au motif du non respect du principe de concurrence. Le cas de Gdansk étant traité séparèment car il a
déjà été repris par un groupe ukrainien, Donbass, qui veut également mettre la main sur les chantiers de Gdynia.
Cette affaire risque en tout cas de prendre encore de l’ampleur puisque Solidarnosc, le syndicat fondé par un électricien des chantiers de Gdansk au début des années 80, un certain Leck Walesa, entend
manifester demain à Bruxelles pour protéger cette entreprise et plus largement, l’industrie navale polonaise.
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Varsovie veut sauver ses chantiers navals menacés de faillite. Les trois sites en question, les chantiers de Gdynia, Szczecin et Gdansk, propriété de l’Etat, sont très
endettés ce qui a amené Varsovie a injecter des fonds. Une intervention qui ne respecte pas les règles de la concurrence selon la Commission européenne. S’en est suivi un long marathon qui a
abouti le 5 septembre a l’annonce par le ministre polonais du Trésor de la signature d’accords, qualifiés de "definitifs", avec des investisseurs. Ceux-ci seraient prêts à reprendre et à assurer
la restructuration des trois chantiers menacés de faillite, le tout devant être présenté à Bruxelles mi-septembre. En juillet, la Commission avait en effet accordé un délai supplémentaire à la
Pologne pour revoir ses plans de restructuration pour les deux chantiers de Gdynia et Szczecin, le cas de Gdansk étant traité à part car il est deja propriété de l’ukrainien Donbass. La date
butoire était fixée au 12 septembre.
Deux repreneurs en lice
Deux entreprises se seraient ainsi déclarées intéressés. Il s’agit de la société ukrainienne ISD qui souhaiterait reprendre les chantiers de Gdynia alors qu’un consortium polono-norvégien, Mostostal Chojnice-Ulstein, serait
intéressé par les chantiers de Szczecin. Le tout demandera tout de même de nouvelles participations de l’Etat à hauteur de quelque 370 millions d’euros selon les estimations du ministre du Tresor
alors qu’une augmentation de capital des chantiers de 150 millions d’euros est également envisagé. L’ukainien ISD envisagerait de réunir les chantiers de Gdynia à ceux de
Gdansk.
Une forte charge émotionnelle
Pour les autorités de Varsovie l’enjeu est de taille. En effet ces trois
chantiers navals ont une très forte charge émotionnelle dans le pays. C’est des chantiers de Gdansk que Solidarnosc, le premier syndicat libre du bloc de l’Est a émergé en 1980. Des chantiers qui
auront employés près de 17.000 personnes au début des années 80, parmi eux un simple electricien devenu depuis une icône, Lech Walesa. Ils ne sont plus que 3.000 aujourd’hui.
Jusqu’à présent, tous les plans proposés par Varsovie étaient jugés par la Commission comme non compatibles avec les
règles européennes encadrant les aides publiques. Celles-ci étaient trop élevées, la participation du privé jugée insuffisante et la viabilité des chantiers considérée comme nullement assuré.
Bruxelles menaçait même d’exiger le remboursement des aides de l’Etat, estimées à 2,1 milliards d’euros pour les seuls chantiers de Szczecin et Gdynia. Une réponse négative de la Commission
serait un coup dur pour l’actuel gouvernement accusé par l’opposition de ne pas défendre ses chantiers navals. Verdict le 12 septembre.
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